…Et il est en forme ! Çà pourrait défriser…

– Ben alors on roupille ?

            Que vois-je ? Qu’observe-je ? Il manque des traceurs de circuits et des collecteurs de chambrées ? Les rendez-vous confrériaux sont menacés par manque de volontariat ? Ah mais cela ne va pas du tout ! Parce que sans les rencontres régulières, sans les concentrations de nous autres sur nos vélos « hors-d’âge » (plaisanterie douteuse, je sais. Mais à force de s’entendre dire que nos machines sont « vintage », autrement dit uniquement bonnes pour la collection, le plus convaincu de la supériorité toujours réelle de la randonneuse sur tous les « gravels » et autres ersatz fini par douter), que va devenir la Confrérie ? S’étioler …….  N’avez-vous jamais entendu le dicton qui affirme que : « loin des yeux, loin du cœur ! » ? Donc, sans agressivité aucune ni méchanceté, les responsables vous prient de vous sortir les doigts du c.. . Parce que sans rencontre, la Confrérie n’a pas, ledit c.., sorti des ronces. Il est vrai, j’en sais quelque chose, que tout le monde n’a pas les capacités organisatrices. Mais quand même, parmi les adhérents, il doit bien y’en avoir quelques-uns qui sont capables de gérer un rassemblement de copains qui, de surcroît, ne leur en voudront pas si quelques bistouilles venaient semer des graviers sur la route. Au contraire, n’est-ce pas de l’imprévu que jaillit le vrai plaisir ?

– Randonneuse et 650, les deux mamelles de l’ignorance (cycliste)

            Dimanche, le groupe local était sorti pour une soixantaine de bornes sous un soleil radieux qui en fait dégénéra rapidement en « grisouille mornasse ». Costaude quand même la route, votre serviteur n’y a pas résisté. Pour cause de… va savoir ! Un certain mal-être peut-être, ou une saturation de vélo, ou une cruelle amertume de se voir, dans les côtes, largué comme un vieux croûton à des années lumières ? Les trois à la fois ? Bref, la question n’est pas là. La question n’est même pas une constatation mais une anecdote. Toujours papillonnante de plantes rarissimes en voitures arrêtées dans le but de recueillir une info horticole ou « blablative », Jeanine avait posé pied à terre tout près d’une voiture sur le coffre arrière de laquelle deux blaireaux consultaient des cartes. Oui parce que depuis déjà plus d’une plombe nous étions enfumés et dangereusement frôlés par une escouade de caramels singeant des Alain Prost au volant de voitures de course qui n’avaient rien à faire ici sur une route ouverte. Folie ! Jeanine l’appris au moment du dialogue avec les organisateurs de la chose, il s’agissait d’une balade… en voiture. Pour rien donc, rien voir parce que trop vite, sans profiter physiquement parce que le c.. dans un siège et tiré par un moteur, juste histoire de se la raconter, de bouffer beaucoup d’essence et de saloper l’atmosphère. Mais Jeanine est une perle, toujours contente et jamais agressive. Et à la remarque lancée par l’un des quidams en discussion avec elle : « vous avez de beaux vélos, ils sont vintage… ! » Remarque qui, chez d’autres et chez moi en particulier n’aurait recueilli qu’un silence méprisant, elle se prit gentiment à répondre : « ce ne sont pas des vélos, ce sont des randonneuses ! Vous savez ce que c’est ? » Réponse prévisible : « euh, non ! » Et voilà la Jeanine qui poursuit : « et en 650, vous connaissez le 650 B ? » Réponse idem : « euh, non ! » Voilà, énième constatation douloureuse mais qui nous enfonce nous autres chaque fois un peu plus dans les brumes de plus en plus denses de la vieillerie. Nos machines, nos pratiques, nos façons de faire et de penser : tout le monde s’en fout. Difficile de vivre avec son temps ? C’est vrai ! Nous pourrions le regretter. Si nous étions sûrs que les temps nouveaux sont meilleurs que les anciens. Et vu les comportements des décideurs et des peuples, il faut être un Prince de l’optimisme pour l’imaginer.

– On s’en fout, mais quand même il y a beaucoup à dire

            Ne me dites pas que c’est pas vrai ! Je le vois d’ici, il y en a beaucoup d’entre vous qui, sans pratiquer de la sorte ni même en rêver jour et nuit, aiment bien suivre ou regarder le spectacle de la course. Parce que le vélo quand ça vous tient, ça vous tient bien. Alors quand ça n’est pas le moment de pédaler soi-même, on aime bien voir pédaler les autres. Même si, et tout le monde le sait il ne faut surtout pas le dire, depuis toujours la préparation physique et mentale des coureurs (et de beaucoup d’autres dans toutes les branches sociales qui ne le sont pas) s’étalent largement au-delà des techniques et des méthodes qui continueraient à les inscrire parmi le commun des mortels. «Aujourd’hui, affirme Christian Prudhomme, directeur entre autres du Tour de France, le cyclisme est propre ! » Et mon popotin est-ce du poulet ? Des preuves et des déclarations de coureurs, qui ont été concernés, ou de responsables très proches du milieu sont accessibles et vérifiables à qui veut bien se donner la peine de se renseigner. Cela dit, comme l’annonce le titre : nous autres, on s’en fout ! Enfin… pas vraiment. Parce que si ce monumental secret de Polichinelle ne concerne pas vraiment notre façon de rouler à vélo, il piétine des deux pieds l’éthique que beaucoup de cyclos adjoignent à leur pratique. Que l’on nous prenne pour des jambons, le milieu du cyclisme n’est pas le seul et de cela on peut se remettre. Mais ce qui est plus grave c’est que l’on entretienne le bon peuple de France et d’ailleurs dans le culte sacré du surhomme ayant réussi en cachant que ce résultat, qui intrinsèquement déjà est discutable tant il insinue que la vie sociale est basée sur une hiérarchie, se construit sur la tricherie, le mépris des règles et des copains, sans oublier que le Saint Graal de l’affaire demeure l’argent. Bref, et compte tenu du fait que les changements profonds de façons de faire n’émaneront pas de la présente lettre, je vous invite à vous marrer un peu, jaune peut-être, en écoutant sur You tube quelques podcasts et interviews (Docteur Mondenard, Antoine Vayer, ex soigneur chez Festina, Erwann Menthéour, Christophe Basson, Jan Ulrich et autres, anciens coureurs ayant avoué s’être dopés ou ayant refusé de le faire…) qui démontrent, preuves à l’appui, que la plupart de ceux qui sont adulés par la presse et les médias ne sont que de petits messieurs, des lopettes sur deux roues qui excellent surtout dans l’air de prendre les gens pour des c… Cette entrée juste pour permettre à ceux qui voudraient aller plus loin dans l’information et rigoler un peu plus à propos de cette triste saga de le faire. Il est toujours intéressant de mieux savoir de quoi l’on parle. Un dernier mot, mais alors là pour se tordre : le comportement de Bernard Hinault qui, aujourd’hui comme quand il était coureur, refuse même que l’on aborde le sujet. Mais il vous mettrait un coup de poing dans le nez le c.. Tu le cherches le champion de la mauvaise foi ?

P. Jean