– Au revoir « Monsieur » Louis

Monsieur Louis et ses fameuses chaussettes

Notre « Monsieur » Louis nous a quittés. Nous ne nous rallierons plus à l’arc-en-ciel de ses chaussettes fétiches. Mais le souvenir de son humeur toujours égale quelle que fut la difficulté ne nous quittera jamais. La camarde nous l’a enlevé, à nous et à ses proches, mais il lui a fallu beaucoup s’employer pour le faire descendre de sa randonneuse. À 90 ans Louis était un exemple pour ceux qui voient le vélo comme la machine à magnifiquement traverser la vie. Mon dernier contact physique avec lui date de la rencontre qu’il avait organisée chez lui autour d’Angers. Et ce jour-là encore, au retour d’une sortie un minimum longuette, pas très loin de ses 90 printemps et pour échapper à une pluie menaçante, il entraînait ses ouailles sur un tempo qui essorait lentement les traînards du peloton.

En parlant de lui, parce que l’homme était une figure, n’oubliez pas le « Monsieur » ! Parce que pour tous ceux qui l’ont connu et qui ont eu le plaisir de rouler avec lui, ce titre de « Monsieur », comme pour les grands hommes, témoignait de longue date du fort respect que nous avions pour lui. De son parcours professionnel il ne parlait guère bien qu’il eut une carrière de haut vol. Mais c’est son parcours de cyclo qui lors de nos rencontres allumait dans nos yeux de plus jeunes, des envies d’un jour lui ressembler.

Une anecdote de plus pour situer le bonhomme, et peut-être le compter encore quelques secondes parmi nous, du vécu lors d’un 11 novembre à Cherbourg. Nous longions la côte Nord-Ouest du Cotentin, en incluant le Nez de Jobourg. À savoir que là-haut, comme souvent dans les contrées marines, s’enchaînent tels des grains de chapelets, les descentes dans les criques et les remontées sur le plateau. Ainsi, au terme d’un manège éreintant de hauts et de bas, Loïc, qui sans aucun doute en avait comme nous plein les pattes, à l’orée d’une nouvelle plongée vers la Manche d’où s’apercevaient les îles Anglo-Normandes, probablement utilisant l’interrogation en prétexte, s’appuyant sans doute sur l’âge de notre doyen pour légitimer sa question, demanda à Monsieur Louis : « Bon, Louis, tu te sens de descendre encore ? » Probablement qu’il espérait, comme nous là aussi, une réponse négative. C’était mal connaître le bonhomme. « Oh ben oui ! Que l’autre répondit. À être là on va descendre. » Et nous descendîmes tous ensemble pour un énième tour de manège dont nous nous serions bien passés.

Voilà qui était « Monsieur » Louis ! Toujours grand cyclo, toujours bon copain, toujours prêt à plaisanter. Au revoir mon ami, sais-tu que tu emmènes avec toi une part du plaisir que nous avons vécu ensemble.

– Jeux, Olympiques ou à abrutir les couillons

Je sais pas vous, mais moi les Jeux Olympiques ça me gave ! Qu’ils soient d’hiver ou d’été d’ailleurs. En ce mois de février, déjà une semaine que les médias de tous styles nous bassinent et nous foutent les boules (de neige…). C’est curieux, hein, cet engouement partout généralisé. Comme si tout d’un coup l’ensemble des publics adoraient le ski, le patinage, le hockey, ou même le curling, cette espèce de pétanque avec des pierres que l’on joue surtout dans le Nord. Même les « pins-pins journaleux » de Télé-matin se la jouent spécialistes, à grands coups d’images spectaculaires, d’exploits qui, ma foi, ne sont jamais que sportifs et braillent des « incroyables ! » « formidables ! » « exceptionnels ! » en « s’espantant* » d’aise tel un canard qui aurait trouvé un couteau. Quant aux journalistes « dits » sportifs, alors là on n’imagine pas à quel point ils se la pètent. On peut aimer regarder le spectacle du sport, mais là c’est de la formation continue.

Et bien moi, ce matraquage, cela m’interpelle ! Réfléchissons ensemble ! Pouvons-nous vraiment imaginer, nous qui ne sommes plus des gamins, qu’un tel bourrage de crâne ne cache pas quelque chose de sournois ? Que les « monstrueux » frais engagés par les états organisateurs, que le faste déployé et que la présence ravie, tel le santon de la crèche, des politiques du plus haut niveau ne cachent pas une « putasserie » quelconque ? Moi, cela me rappelle une pensée émise au temps des trente glorieuses par un de mes copains syndicaliste : « en ces temps de (relative) paix, on remplace la guerre par le sport » ! Ben oui ! Nous ne sommes pas très loin de ça… le traitement hautement privilégié que l’on offre aux « champions », qui, vous l’aurez remarqué, ne manquent pas de se draper à l’arrivée du drapeau national, comme pour bien faire remarquer qu’ils représentent, dans leur domaine mais aussi largement au-delà, la suprématie de leur nation chérie. Quant à la vie de nabab qui s’ouvre devant eux une fois leur performance faite, croyez-vous vraiment qu’il s’agisse seulement de leur faire un petit plaisir. Je pose la question, mais je crois qu’avec ce type de manifestation, malgré tout foncièrement politique, puisqu’il s’agit d’abord de faire montre de sa puissance sportive et, à travers elle de sa présence tout court, on nous prend encore une fois pour des c…. Mais pour le commun, Cocorico quand même ! Puisque comme le disait Coluche de notre emblème national, « le coq, c’est le seul oiseau qui peut chanter les deux pieds dans la m… » !

* s’espantant : avoir le cul par terre

– Si l’on en croit Janco et le GIEC

N’en déplaise aux derniers climato-sceptiques, le changement climatique est bien là. Ce ne sont pas les milliers de gens qui en ce début d’hiver ont appris à nager dans leur salon salle à manger qui vous diront le contraire. Ni les milliers d’autres qui l’été voient leur pavillon se lézarder sous l’effet de l’énorme sécheresse. Alors vous qui, comme moi je pense, n’utilisez vos voitures que quand elles sont seules à pouvoir vous permettre de répondre aux cas impossibles à résoudre autrement, vous trouvez devant un problème. Janco, que je vous ai déjà présenté, et les scientifiques du GIEC préconisent les transports en commun et le vélo, même électrique. Seulement voilà, la SNCF, pour des raisons de rentabilité probablement, n’entend pas diminuer le nombre de places dans ses trains pour y accueillir des vélos. Difficile dès lors de voyager sur les grandes lignes en vélo accompagné, vu que nos randonneuses, avec garde-boue et porte-bagages, n’y sont pas vraiment les bienvenues. Surtout dans les TGV, mais pas que, car même quand un train classique veut bien vous accepter, moyennant finances toutefois, restent quasi toujours le souci de correspondance pour accorder dans un délai raisonnable deux ou plusieurs trains qui prennent les vélos. La solution pourtant et à ce jour existe : c’est le « rinko » ! Le montage spécial qui permet en quelques minutes de, un minimum, déshabiller votre machine pour la faire rentrer dans un sac d’épaule que le chef de train « encasquété » acceptera de vous voir embarquer. Dès lors, à vous la France et le monde, en toute liberté et sans cramer la moindre goutte de ces carburants fossiles dont la baisse de niveau commencent à menacer nos vies de bourgeois. Reste à trouver l’artisan capable de réaliser, proprement, la transformation. Vu l’état et le niveau ambiant du monde de la bicyclette : c’est pas gagné !

– Allez, allez, faut sortir le vélo !

L’Étoile de Bessèges est terminée, la diffusion de la première étape du Tour de la Provence en ce 13 février vient de se terminer. Je sais qu’il s’agit de courses cyclistes qui ne nous concernent pas vraiment, mais ce sont quand même des vélos qui sont de sortie. Alors les copains, je sais que, phénomène marquant du changement climatique, les mètres cubes de flotte que pendant un gros mois et demi nous avons pris sur le nez nous ont un peu ramolli les gambettes et le citron, mais nous aussi faut sortir la bicyclette. L’imper avec, peut-être, mais qu’à cela ne tienne. Je ne sais si tous vous pourrez en profiter, mais sachez qu’au Sud amandiers et mimosas sont en fleurs. Certains ne peuvent les voir mais ils peuvent les imaginer. Ce devrait être suffisant pour leur donner l’envie de partir se refaire une santé en pédalant vers le printemps qui n’est somme toute plus très loin. Du moins si l’on se fie au fait que la neige a fondu et que les températures sont tout de même clémentes.

– Trop imbibée à la flotte la galette

Avec ces fadas de nuages pleureurs, qui nous ont fait plus d’un mois des crises de larmes, notre sortie galette est tombée… à l’eau. Tu m’étonnes, le dimanche où nous l’avions prévue il tombait des cordes. Et même si, vu les semaines précédentes, nous avions anticipé la possibilité d’annuler, nous fumes quand même déçus. Pas de vélo avec les copains, pas de gâteaux super apportés par Michel, pas de coup de cidre venu du Vigan, que dalle quoi. Il nous restait que Drucker à la télé avec son canapé rouge et les VIP du spectacle qui posent leur c… dessus. Et pour nous autres cyclos convaincus, ce n’est pas notre tasse de thé. Alors, qu’avons-nous fait ? Les autres je sais pas. Mais moi j’ai roupillé. C’est encore ce que je fais de mieux !

P. Jean