Les oiseaux de mauvais augure

Faudrait pas être ceux-là, mais force est de constater que les temps s’assombrissent ! Peu de gens semblent conscients qu’il est grand temps de bouger leur popotin, de réduire la voilure, pour que dame planète renonce à mettre le olla définitif au grand chambardement.
Au coeur du domaine que nous maîtrisons (un peu), nous autres à la Confrérie avons toujours tenté d’éviter la panurgite commerciale coupable et d’intégrer dans notre travail la dimension respect environnemental. Car dans le cycle comme ailleurs, des margoulins « encravatés » ne pensent que profit et chiffre d’affaire maintenant que le vélo est fort dans l’air du temps.
Ainsi se succèdent à la vitesse « V » les fausses nouveautés et les pseudos révolutions techniques (pour les détails nous consulter. Mais exemple tout de même : les vélos sont aujourd’hui connectés, une prise USB branchée sur le générateur permet au geek cycliste de brancher I-phone et tablette en direct. A quand la turbine glissée dans la chasse d’eau des chiottes pour que les quidam, quand même nombreux à venir en ces lieux, puissent ne pas perdre la ligne pendant qu’ils officient ?).
Notre propos, dans la pratique de la bicyclette, n’est pas de coller à la vitrine bling-bling. Ni d’avaler béat le discours technologique d’un ingénieur qualifié dans l’invention futuriste et dans le fonctionnement de la caisse électronique mais peu formé aux exigences d’une machine de tourisme bien née. Fi donc à la Confrérie des transmissions 2 x 11, voire 1 x 12 qui vrillent la chaîne, plus fine par obligation et qui, comme pour les maillots de bains féminins, sont d’autant plus chères qu’il y a moins de matière. Fi des freins à disques qui obligent à renforcer les fourches et font bien compliqué quand on peut faire très simple. Parce que de bons cantis, bloquent sans peine les roues sur n’importe quel type de terrains, les freins à disques font-ils repartir en arrière ? Passons sur l’élémentaire fait qu’à vélo le plus souvent : blocage de roues égale gamelle.
Tout cela pour vous dire, à vous autres spécimens d’un autre âge qui réfléchissez un brin, pour vous et pour votre progéniture, à ce qui touche au nécessaire par rapport à un superflu à fondement par trop commercial, que nous travaillons encore sur notre randonneuse Aubrac II. Les attentifs auront constaté qu’elle n’est pas tout à fait finalisée et que sa fiche technique n’est pas encore en ligne. Mais cette dernière sera encore plus conforme à notre façon de voir.
Nous plaidons coupables ! Nous avons parfois trop facilement cédé aux trompettes de la facilité. Cette fois, mordicus, nous résisterons coûte que coûte. Bien sûr, les pimpims modernistes nous traiterons de vieux croûtons réacs… Qu’importe, comparons s’ils le souhaitent notre nombre de kilomètres parcourus et le leur, leur expérience du voyage à vélo et le nôtre. Nous autres parlons de bicyclette militante dans une époque où rien ne peut plus être superficiel. Quant à la modernité, comme disait quelqu’un : « c’est quand c’est mieux, pas quand c’est neuf ! »

Patrick

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