J’veux descendre !…

L’été est là et certain.e.s en profiteront sûrement pour faire prendre l’air de cimes à leur chère randonneuse en 650B. Quel bonheur en effet que de gagner patiemment l’altitude, le matin à la fraîche, et profiter ensuite de la récompense du paysage montagnard lorsque l’astre radieux commence à darder ses rayons. Oui, mais il faut ensuite redescendre, et tout le monde n’apprécie pas forcément ce qui reste mon exercice préféré : la descente montagnarde ! Permettez-moi de vous donner quelques conseils, depuis ma Lozère d’adoption.

Évacuons tout de suite les évidences : il faut d’abord avoir une machine en qui l’on ait toute confiance, donc en bon état, révisée, réglée, à la fiabilité déjà éprouvée, convenablement chaussée et gonflée. En outre, il est utile de s’être assuré de pouvoir avoir une totale confiance dans ses freins, et d’en bien connaître les limites. Jusque là, rien de bien neuf…

La suite ne l’est pas non plus mais n’est pas souvent partagée : non seulement notre randonneuse est en équilibre, mais ses pneus, aussi bons soient-ils, sont en glissage permanente. Je ne m’étendrai pas, c’est un fait avéré et j’attends le confrère qui viendra me prouver le contraire en démontrant que le rendement 1/1 existe ou encore que l’angle d’inclinaison en virage correspond géométriquement au rayon de courbure du virage… Thalès et Pythagore sont sans pitié !

Puisqu’il s’agit de gérer un équilibre d’autant plus précaire que la vitesse devient rapidement élevée, pourcentage oblige, il faut donc que le couple cyclo.te/machine s’adapte à la déclivité et passe des limites rarement atteintes en usage de plaine, pour dessiner de belles trajectoires et garder la possibilité de freiner en sécurité même à l’approche d’une épingle.

Mes « secrets » sont fort simples :
– porter le regard loin devant, surtout en courbe où il faut tout de suite aller chercher des yeux la suivante,
– garder les bras légèrement fléchis et souples, sans cramponner le cintre,
– freiner peu mais fort (et relâcher vite) pour ne pas faire chauffer inutilement les jantes,
– garder alors les bras fermement tendus, toujours en regardant loin,
– au besoin, utiliser légèrement le frein arrière car à la manière de l’empennage d’une flèche, c’est un excellent stabilisateur pour arrondir une trajectoire,
– mais rien de tout ceci ne sera vraiment efficace si vous n’utilisez pas aussi vos pieds !

En effet, sans le savoir vous « pesez » sur votre randonneuse via ses pédales et vous avez donc le pouvoir d’accroître sa stabilité (ou de l’alléger pour « sauter » un trou du bitume). La chose est simple, demande un peu d’anticipation mais s’apprend fort bien :
– pour virer à bonne vitesse dans une courbe, placez votre pédalier à l’horizontale,
– mettez en avant le pied qui « entre » dans la courbe (pied gauche devant si je dois pencher à gauche),
– contentez-vous de penser à « peser » avec ce pied (sans faire tourner le pédaliers pour autant).

« C’est tout ? »

Hé oui, c’est aussi simple que cela mais essayez, pour voir, et vous serez surpris.e de l’assurance que cela confère à votre trajectoire et de la liberté que cela vous donne pour jouir librement de la vitesse. Pour ma part, ici en Lozère, je ne dépasse que rarement 80 km/h… je suis un descendeur prudent !

Fred

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