Pas très loin de Belfort…

Puisque nous sommes dans les bizarreries départementales, savez-vous qu’à quelques années près, vous auriez pu avoir un trou dans la numérotation des départements, et passer du 55 (Meuse) à 57 pour le Morbihan ?
Car le numéro 56 cela aurait pu être le « Mont Terrible », un département éphémère issu de la Révolution et dont la préfecture était justement Porrentruy.
Cela englobait l’ancienne principauté des Princes-Evêques de Bâle et couvrait le Territoire entre Boncourt (actuelle frontière) et La Neuveville au bord du lac de Bienne.
Il n’a vécu que 6 ans après lesquels Porrentruy et sa région ont été rattachées au Haut-Rhin.
Je pense que la numérotation actuelle des départements a été réalisée après ces faits.

Pour la petite histoire, ce nom de Mont-Terrible, modeste chaîne de montagnes franchie par les cols des Rangiers et de la Croix, repose sur un malentendu : en fait, en patois d’ici, c’est « Mont Terri » qui signifie « tari » c’est-à-dire sec, sources rares et peu abondantes (sol calcaire). Et les occupants français en ont fait « Mont Terrible »…
Finalement. c’est le Congrès de Vienne qui a rattaché cette région au canton de Berne et donc à la Suisse. Devenue beaucoup plus tard (1974) le Canton du Jura actuel.

Charles Hirtzlin

PS du rédacteur : en creusant un peu, j’ai trouvé l’existence d’une très éphémère « République Rauracienne » (nom inspiré des Rauracii, peuplade gauloise locale) entre 1792 et 1793, république-sœur de la toute jeune république française voisine, avant de devenir par annexion le 21 mars 1793 le département du Mont-Terrible, un peu moins éphémère puisque c’est le congrès de Vienne (1815) qui mit fin à l’expérience.

 

Ce contenu a été publié dans billet, voyages. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.