Gentrification ?

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Les capes Cleverhood

Je parcours fréquemment la toile numérique à la recherche de matériel qui pourrait intéresser les confrères randonneurs. J’ai pu constater que le beau et bon matériel pour le cyclotourisme, ça existe toujours, mais qu’il faut parfois y mettre le prix.

Ce n’est pas que je m’illusionne particulièrement sur le « bon temps », auparavant le bon matériel de cyclotourisme (à commencer par la randonneuse elle-même), ça coûtait cher ramené au salaire moyen. Pourtant je ne peux pas m’empêcher de trouver qu’il y a une certaine dérive associée à une forme de « gentrification » de la pratique.  Je suis tombé sur le site « Cleverhood » proposant des capes de pluie. La cape de pluie, c’est cet accessoire sudoripare qui comme le parapluie au rabais s’oublie dans un café, s’use au fond du coffre d’une voiture, se déchire sous la caisse à outils… C’est une sorte de préservatif géant (percé en haut) qui peut s’acheter en catastrophe pour quelques dizaines d’euros…

Et bien Cleverhood vous propose de belles capes dont certaines pour cyclistes, bien coupées, avec des couleurs bien associées et des finitions soignées pour $249. Une fois  la somme convertie, les taxes et le transport ajoutés, on doit être au même montant en euros. Je reste perplexe, ne sachant si mon mouvement de recul devant le montant est légitime ou si c’est une manifestation d’un racisme sudiste latent envers des contrées plus abondamment arrosées. Dans mon pays du Sud, soit il fait beau, soit c’est un orage violent, et dans ce dernier cas toute prétention à l’élégance est futile. Les gens civilisés sont à l’abri, et les fadas qui roulent sont condamnés à ressembler à très brève échéance à un chat de gouttière passé à l’essorage. Alors 250 dollars/euros pour rester sous la pluie ?

Guy CHARTIER

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